Paire de Chenets en Bronze aux Chamanes Assis, Monogramme Anton Prinner, vers 1930
Paire de chenets en bronze surmontés de figurines de chamanes assis au style primitiviste, portant le monogramme du sculpteur Anton Prinner. L. 16 × P. 33,5 × H. 25,5 cm. Travail français, vers 1930.
DETAILS DU PRODUIT
| Dimensions en CM | 16 x 33.5 x 25.5 cm |
|---|---|
| Dimensions en INCH | 6.30 x 13.19 x 10.04 inch |
| Période | 1920–1930 |
| Style | Art Déco |
| Matériaux | Bronze |
DESCRIPTION DU PRODUIT
Ces exceptionnels chenets en bronze représentent un point de rencontre rare entre les arts décoratifs et l’avant-garde sculpturale parisienne des années 1930. Chaque chenet est surmonté d’une figure assise compacte — un chamane ou personnage rituel rendu dans un idiome primitiviste qui renvoie directement au vocabulaire d’Anton Prinner, le sculpteur né en Hongrie (1902–1983) dont ces pièces portent le monogramme. Les figures sont conçues avec l’autorité concentrée caractéristique du travail de Prinner : formes simplifiées, traits résumés, qualité de surface évoquant la rugosité du bronze archaïque, et une posture de recueillement méditatif rappelant les figures rituelles d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique précolombienne si centrales à l’imaginaire moderniste parisien des années de l’entre-deux-guerres.
Anton Prinner — né Marianne Prinner à Budapest, vivant et travaillant ensuite à Paris sous le nom d’Anton — fut une figure singulière et méconnue de la sculpture française du XXᵉ siècle. Très lié à l’avant-garde parisienne, exposant au Salon d’Automne et évoluant dans des cercles proches de Picasso et des surréalistes, Prinner développa un idiome primitiviste distinctif fusionnant des éléments puisés dans les arts non occidentaux avec une sensibilité métaphysique profondément personnelle. Ses bronzes se distinguent par leur densité formelle, leur rejet du canon académique au profit d’un langage sculptural ancien et universel, et leur capacité à habiter tout espace d’une présence calme et insistante.
Que Prinner se soit attaqué à des objets décoratifs fonctionnels tels que des chenets est entièrement cohérent avec la tradition parisienne des arts appliqués, dans laquelle des figures de premier rang — Braque, Giacometti, Lurçat — s’engagèrent sans condescendance dans la création d’objets de luxe pour la cheminée, la table et l’intérieur. Ces chenets aux chamanes, conçus vers 1930 au sommet du moment primitiviste européen, transposent le langage sculptural de Prinner directement dans l’objet de foyer, dotant un accessoire domestique de l’autorité et de la résonance d’une œuvre d’art originale.
Chaque figure est assise sur une base arquée en bronze, depuis laquelle s’étend vers l’arrière la barre de repos en fer forgé. Le monogramme d’Anton Prinner est présent sur chaque pièce, constituant une attribution significative qui inscrit ces chenets fermement dans le corpus connu de l’artiste. À vingt-cinq centimètres et demi de hauteur, ils sont d’une échelle modeste mais d’une présence entièrement saisissante.
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