Paravent Napoléonien, dans le Goût Fornasetti, Velours Rouge Imprimé, Travail Français, vers 1940

Paravent décoratif napoléonien. Décors imprimés sur fond de velours rouge. Dans le goût de Pietro Fornasetti. Travail français. Vers 1940.

L. 121,5 cm × P. 3 cm × H. 124,5 cm

DETAILS DU PRODUIT

Dimensions en CM 121.5 x 3 x 124.5 cm
Dimensions en INCH 47.83 x 1.18 x 49.02 inch
Période 1930–1940
Style Empire
Matériaux Velours

DESCRIPTION DU PRODUIT

La légende napoléonienne est l’une des grandes créations du Romantisme européen : une figure perpétuellement reconstituée par l’image, des peintures héroïques de Gros aux portraits gravés diffusés par milliers à travers les territoires de l’Empire. Ce paravent décoratif, dont les scènes napoléoniennes imprimées se déploient sur un fond de velours rouge profond, participe de cet acte continu de fabrication de l’image. La conjonction est doublement chargée : le velours rouge était le matériau cérémoniel par excellence des salons du Premier Empire — les salles du trône aux Tuileries, les appartements ministériels, les palais des maréchaux — et son emploi comme fond pour des transferts imprimés situe le paravent à l’intersection du rituel impérial et de la culture de la reproduction de masse.

L’affiliation stylistique avec Pietro Fornasetti (1913–1988) invite à une comparaison avec l’un des praticiens les plus distingués du vingtième siècle dans l’art du décor transposé. Le designer milanais, formé sous l’influence de de Chirico et collaborant étroitement avec Gio Ponti, bâtit toute son œuvre sur une intuition fondatrice : qu’une image familière, multipliée à l’infini et déplacée dans des contextes inattendus, devient à la fois étrange, ludique et inépuisable. Ses figures de commedia dell’arte, ses cartes astronomiques, ses portraits sériels de Lina Cavalieri — tous soumis à ce principe de répétition saturante. Les gravures napoléoniennes de ce paravent, appliquées sur velours plutôt que sur bois laqué ou céramique, prolongent précisément cette ambition : rendre la haute culture à la fois intime et infiniment mobile.

Daté de vers 1940 — moment où la tradition napoléonienne dans la production décorative française est à la fois nostalgique et politiquement chargée — ce paravent se présente comme un artefact de persistance culturelle. Le renouveau Empire de l’entre-deux-guerres et des années de conflit a engendré certains des objets les plus techniquement assurés et intellectuellement ambivalents du canon décoratif français : des pièces qui endeuillent simultanément une grandeur perdue et la domestiquent en élégance habitable. Son format imposant (121,5 × 124,5 cm) convient à une entrée, une bibliothèque ou un cabinet de travail, où l’imagerie napoléonienne imprimée peut fonctionner comme ancrage visuel d’un espace conçu dans l’esprit du Premier Empire.

SÉLECTIONS SIMILAIRE