Paire de Fauteuils Bois à la Gouge et Tissu Chiné, Style Brutaliste, vers 1980
Paire de Fauteuils en Bois Travaillé à la Gouge et Tissu Chiné.
Travail Français, Style Art-Déco-Brutaliste. Vers 1980.
L. 73 cm × P. 70 cm × H. 89 cm.
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DÉTAILS DE LA PIÈCE
| Période | Années 1980 |
|---|---|
| Dimensions en CM | 73 x 70 x 89 cm |
| Dimensions en INCH | 28.74 x 27.56 x 35.04 inch |
| Style | Brutaliste |
| Matériaux | Bois massif |
| État | Bon état |
DESCRIPTION DE LA PIÈCE
Ces deux fauteuils exigent l’attention avant d’inviter au repos. Les cadres en bois massif ont été travaillés à la gouge—la main du créateur laissant une séquence rythmique d’encoches sur les surfaces—une technique qui transforme chaque siège en un témoignage explicite de sa propre fabrication. Avec 73 centimètres de largeur, 70 de profondeur et 89 de hauteur, les proportions sont généreuses, la masse substantielle : ce sont des fauteuils qui occupent l’espace avec autorité. Le tissu chiné des assises et des dossiers, dont les tons mélangés évoquent la tradition textile française, offre un contrepoint de douceur qui rehausse plutôt qu’atténue la présence sculpturale d’ensemble.
La désignation « brutaliste » dans les arts décoratifs des années 1980 puisait dans un vocabulaire esthétique plus large, en gestation depuis l’après-guerre. Là où le brutalisme architectural célébrait la surface brute et non finie—le béton apparent, la structure visible, le refus de tout camouflage cosmétique—sa transposition dans les arts décoratifs signifiait embrasser les traces du faire : le rabot, le ciseau, la gouge. Le choix de laisser ces marques sans lissage était une décision esthétique délibérée, une déclaration que le processus de fabrication n’avait pas à être dissimulé, mais à être montré. Cette sensibilité rejoignait le renouveau parallèle de l’artisanat d’art dans les arts décoratifs français des années 1980, alors que décorateurs et ébénistes réagissaient à la perfection impersonnelle de la production industrielle.
La paire amplifie cette énergie : deux fauteuils travaillés par la même main, portant la même grammaire à la gouge, créent un environnement domestique cohérent où l’honnêteté matérielle et la rigueur formelle opèrent de concert. Le tissu chiné introduit un registre tonal chaleureux dans la composition, sa distribution irrégulière des teintes faisant écho au rythme irrégulier du bois sculpté. Placés dans un bureau, un salon ou une pièce de réception, ces fauteuils s’affirment comme des objets dotés d’un point de vue—un mobilier qui prend position sur la valeur du fait-main et la beauté de l’imparfait.
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