Fauteuil à la Reine en Noyer Sculpté et Cuir Doré au Fer, Style Louis XV, France, vers 1950
L. 73.5 cm × P. 78 cm × H. 104 cm
Fauteuil à la reine en noyer sculpté, garni de cuir noir à bordure dorée au fer. Style Louis XV, travail français. Vers 1950.
DETAILS DU PRODUIT
| Dimensions en CM | 73.5 x 78 x 104 cm |
|---|---|
| Dimensions en INCH | 28.94 x 30.71 x 40.94 inch |
| Période | 1940–1950 |
| Style | Rococo |
| Matériaux | Noyer |
DESCRIPTION DU PRODUIT
De toutes les formes de siège codifiées par la monarchie française, le fauteuil à la reine — le fauteuil à dossier plat — porte en lui la mémoire sociale la plus précise. Contrairement à son cousin à dossier courbe, le fauteuil en cabriolet, qui invitait à s’y appuyer avec désinvolture, le fauteuil à la reine était conçu pour rester adossé au mur du grand salon et être vu de face : son dossier plat n’était pas une solution de confort mais une réponse cérémonielle, offrant un plan parfaitement vertical à l’exposition de la sculpture. C’était le siège des grandes occasions, avancé du mur seulement lorsque le rang l’exigeait — un meuble dans lequel la hiérarchie sociale s’encodait dans le bois.
Les choix matériaux de cet exemplaire mid-century comptent parmi ses traits les plus singuliers. Le noyer sculpté — bois de la province française, robuste et au grain fin — confère à la carcasse une chaleur que le hêtre doré, si fréquent dans le commerce de luxe de l’époque, atteignait rarement. Face à lui, le cuir noir produit un paradoxe chromatique : matériau du cabinet masculin et de la bibliothèque, il transforme l’ornement rococo du fauteuil en quelque chose de plus austère et de plus contemporain. La bordure dorée au fer — technique empruntée à l’art du relieur — restaure le dialogue avec la tradition, traçant à l’arête où le cuir rejoint le bois un fin trait d’affirmation aristocratique.
Qu’un atelier français d’après-guerre ait choisi de reproduire le fauteuil à la reine vers 1950 n’était pas simple nostalgie académique. Les arts décoratifs français des années 1940 et 1950 entretenaient avec le XVIIIe siècle un rapport vivant qu’aucune autre tradition nationale n’égalait : les ateliers du Faubourg Saint-Antoine continuaient de produire des pièces d’une qualité, d’une précision et d’une densité culturelle témoignant de la transmission ininterrompue d’un métier. Aux dimensions de 73,5 × 78 × 104 cm, ce fauteuil a la présence d’un original d’époque — les proportions, la sculpture et l’autorité formelle que seuls des siècles d’expertise accumulée peuvent produire.
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