DETAILS DU PRODUIT
| Dimensions en CM | 58.5 x 17.5 x 81 cm |
|---|---|
| Dimensions en INCH | 23.03 x 6.89 x 31.89 inch |
| Période | 1900–1920 |
| Style | Art Nouveau |
| Matériaux | Bois massif |
DESCRIPTION DU PRODUIT
La technique du bois courbé — consistant à vaporiser le bois massif jusqu’à le rendre malléable, puis à le former sur un moule en acier — fut perfectionnée comme procédé industriel par Michael Thonet dans les années 1840 et 1850, d’abord dans ses ateliers de Boppard am Rhein, puis, après son installation à Vienne, dans les vastes complexes manufacturiers de Moravie et de Bohême. Les chaises Thonet devinrent des symboles mondiaux de la production rationnelle et de l’élégance économique ; mais le procédé du bois courbé fut appliqué par les artisans viennois et les petits ateliers à une gamme d’objets bien plus large que la célèbre Chaise n°14. Étagères murales, porte-manteaux, cadres de miroirs et petites pièces d’appoint furent tous produits dans l’idiome du bois courbé, formant un vocabulaire domestique cohérent autour d’une même logique curviligne.
Cette étagère murale, dont la structure en bois courbé est renforcée et articulée par des accessoires en laiton, appartient à la production viennoise raffinée des environs de 1900 — moment où la sensibilité Arts & Crafts importée de Grande-Bretagne était absorbée et transformée par la Sécession autrichienne et les créateurs proto-Werkstätte. Les courbes du bois sont à la fois structurelles et décoratives : le fil naturel du bois, révélé plutôt que dissimulé, devient partie intégrante du système ornemental. Les accessoires en laiton — équerres, petits anneaux et accents — ajoutent une note de précision chaleureuse qui élève la pièce au-delà du seul usage fonctionnel.
Les étagères murales de cette période en bois courbé et laiton sont nettement plus rares que leurs homologues les chaises : moins produites, moins conservées, et moins préservées lorsque les modes ont changé. Large de 58,5 cm et haute de 81 cm, cet exemplaire possède l’échelle et la présence d’une pièce d’exposition principale — adaptée aux livres, aux petits objets ou aux céramiques — et son état, le bois courbé conservant sa résilience d’origine et le laiton sa patine, en fait un survivant exceptionnellement complet de l’artisanat décoratif viennois au tournant du XXᵉ siècle.
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